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Un article dans « Midi Libre » lundi 24 novembre

Article est paru Lundi 24 novembre dans "Midi Libre".

William Chérino a repris la barre du "Tarzan

Édition du lundi 24 novembre 2008

1064_K3PIED.jpg Le Tarzan a quitté le port de Canet à 9 h 30, le 25 octobre. William Chérino a hissé les voiles et mis le cap sur Sète. Deux jours et demi plus tard, le Saint-Clair pointait à l'horizon. Le nouveau propriétaire de ce bateau de légende s'est alors laissé « happer par la ville ». « Il était minuit. J'arrivai chez moi. J'ai ressenti une émotion extraordinaire. Pendant quatre heures, le Tarzan s'est approché lentement du port. » Sur un nuage, William Chérino a savouré chaque minute de ce moment quasi-irréel et ce n'est que le bruit de l'ancre s'enfonçant dans l'eau qui l'a sorti du rêve.

Juste avant, il avait eu le temps d'apercevoir l'image de sa mère, qui fut jadis gardienne du phare. Un demi-siècle après avoir franchi le môle pour la première fois, après avoir vécu des aventures marines que n'auraient pas reniées Kessel et Monfreid, le deux-mâts revenait donc à Sète en catimini pour débuter une nouvelle vie.

Et ce n'est pas étonnant de retrouver William Chérino à la barre, toujours, habité par ses passions, ses coups de folies.

Des heures durant, il peut vous raconter les aventures du Soliman, son précédent voilier, déniché à Aigues-Mortes sur un rond-point entre deux pots de fleurs. Il l'a remis à flots après de multiples péripéties et transformé en école de mer pour les gamins de l'Hérault. Mais William Chérino n'a jamais oublié le Tarzan. La goélette, née en 1950 dans un chantier naval de Sfax, a toujours navigué dans les pensées de ce Sétois de coeur, dont la famille s'est fait un nom avec une spécialité 100 % locale (La tielle cettoise, chez David, rue Bousquet)... « Je suis sûr d'avoir joué dessus quand j'étais gamin mais la vraie rencontre a eu lieu en 1981. A l'époque, je travaillais à Paris quand des copains m'ont appelé. Ils savaient que j'avais toujours été amoureux de ce bateau. Il était à vendre.

Deux mois plus tard, quand je suis arrivé à Sète, il avait déjà été racheté. Je l'ai retrouvé à Port la Nouvelle, son nouveau propriétaire l'avait transformé en bateau de plaisance. » Fin de l'histoire ? Loin de là. Pendant un quart de siècle, William Chérino a suivi l'itinéraire du Tarzan, renseigné par quelques copains marins qui, de port en port, suivaient l'affaire. Et fatalement, quand le bateau s'est retrouvé orphelin, William Chérino a lâché , pour un temps, ses gîtes cévenols pour goûter à nouveau à l'air marin. « Du jour au lendemain, je n'ai plus pensé qu'à ça », reconnaît-il. Des projets, pour le Tarzan, il en à déjà cent, mille peut-être. On peut lui faire confiance. Mais c'est avant tout aux gens d'ici qu'il veut offrir ce cadeau flottant.

« Dans l'après-midi qui a suivi notre arrivée à Sète, trente personnes étaient déjà venues voir le Tarzan . Ils avaient navigué dessus, se souvenaient d'un oncle, d'un frère ou d'un cousin qui y fut marin. C'est à eux désormais d'écrire l'histoire du Tarzan ; ça leur appartient. » Il va les accueillir, ces Sétois d'hier et d'aujourd'hui qui ont conservé dans leur coeur le souvenir de ce deux mâts pas comme les autres. « Je veux qu'il devienne un monument historique ». Pour que cette mémoire jamais ne sombre.

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